1) Risques primaires suite à l'accouchement : 
a) Prématurité et mortalité périnatale :Un risque accru de naissance prématurée, en particulier par rupture prématurée des membranes est observé chez les fumeuses, par effets combinés du CO et de la nicotine, et une plus grande sensibilité des fumeuses aux infections cervicales. La mortalité jusqu’à un an de vie est plus élevée indépendamment du poids de naissance chez les enfants de mères fumeuses.
b) Faible poids de naissance :
Le poids de naissance des bébés de mères qui ont fumé pendant leur grossesse, est en moyenne diminué de 200 g. Arrêter de fumer le plus tôt possible lors d’une grossesse prévient l’effet dose-dépendant de l’exposition au tabac sur le poids de naissance. L’influence du tabagisme paternel sur le poids de naissance de l’enfant a également été rapportée.
Une diminution de la taille de nouveau-né par la diminution de la masse non grasse (masse musculaire et osseuse);
le risque de la diminution du périmètre crânien (<>c) Un bébé plus fragile:
Si la future maman fume pendant la grossesse, la quantité d'oxygène et de produits nutritifs absorbés par le fœtus sont diminués. Conséquences : "le bébé court le risque de naître avec un poids inférieur à la normale de 300 à 500 grammes", poursuit le docteur. Par ailleurs, "le tabac double les risques de prématurité, et pourrait même être responsable d'une diminution du quotient intellectuel de l'enfant. "
Enfin, les nourrissons soumis à un environnement tabagique sont souvent plus "larmoyants" que les autres et présentent une plus grande fréquence de troubles respiratoires : rhinopharyngites, bronchites, otites, asthme...
Autant d'arguments pour que la future maman, mais aussi son entourage, arrêtent de fumer : en effet, la fumée de tabac dans l'environnement (le "tabagisme passif") présente les mêmes dangers que le "tabagisme actif"...
d) Mort subite:Le tabagisme des parents multiplie par 2 à 3 le risque de mort subite du nourrisson, il est responsable de 300 cas sur les 1500 cas annuels de mort subite du nourrisson en France.
Les risques de mort subite pour votre bébé sont multiplié par :4 si vous avez fumé pendant et après l'accouchement. Presque par 8 si les 2 parents fument !
Toutes les études épidémiologiques montrent que le tabac pendant la grossesse et le tabagisme passif de l'enfant après la naissance augmentent le risque de mort subite du nourrisson (le risque est multiplié par 3). D'après Fleming, le nombre de morts subites de nourrisson pourrait être diminué des deux tiers si le tabagisme parental n'existait pas
Syndrome de mort subite (SIDS) :
La fréquence et la longueur des
apnées obstructives pendant le sommeil sont plus élevées chez les enfants de mères fumeuses pendant la grossesse par rapport aux enfants de mère non fumeuse, la durée des apnées étant liée au nombre de cigarettes fumées par la mère. Le tabagisme maternel est un facteur de risque dose-dépendant de SIDS chez le nourrisson, risque plus élevé pour une exposition in utero et postnatale que pour une exposition postnatale seule. L’effet de la nicotine s’expliquerait par l’hypoxie fœtale chronique due à la diminution du flux placentaire, par son action sur les récepteurs nicotiniques cérébraux en particulier du noyau tegmental qui régule la fonction cardiorespiratoire, l’éveil, le sommeil, l’attention et motricité et par sa toxicité directe sur les cellules cérébrales.
Il n’y a pas, chez les enfants nés après exposition au tabac pendant la grossesse, d’augmentation du risque de décès en période néonatale mais il existe une augmentation du risque de mort subite du nourrisson. Ce risque serait multiplié par 2 si la mère a fumé pendant la grossesse. Ce risque serait dose dépendant (1,8 et 2,7 respectivement si la consommation est supérieure ou inférieure à 10 cigarettes par jour). La fréquence et la durée des apnées obstructives pendant le sommeil sont plus élevées chez les enfants de mères fumeuses. La durée des apnées est liée au nombre de cigarettes fumées par la mère. Des études animales récentes ont montré que l’exposition anténatale à la nicotine diminue chez l’animal les réponses ventilatoires d’éveil à l’hypoxie.
e) Malformations fœtales :Ce point est controversé. Certains auteurs ont avancé une possible augmentation des anomalies du tube neural, des
fentes labio-palatines, des anomalies des membres, des malformations urinaires ou cardiaques. Ce risque semble significatif pour une consommation supérieure à 20 cigarettes par jour. Des malformations congenitales comme le strabisme( Le strabisme convergent précoce apparaît entre deux mois et six mois)et des trisomies...

Bec De Lièvre.
2) Les différentes maladies de l’enfant exposé:
a) Concernant le développement de l'enfant exposé:In utero au tabagisme, il a été signalé :
Un risque de la survenue du
syndrome de sevrage nicotinique chez le nouveau-né quand le nombre de cigarettes fumée par la mère, au cours de la grossesse dépasse le 10 cigarettes.Une augmentation du risque de l'apparition, chez l'enfant d'une hyperactivité neurologique avec déficit de l'attention une augmentation de la survenue d'une hypertension artérielle systolique (à l'âge de 6 ans) Il semble qu'il existe un score de dépendance à la nicotine plus élevé chez les enfants de mères fumeuses et des corrélations significatives entre l'exposition in-utero au tabagisme et la consommation de tabac à l'adolescence mais ces données ne sont pas parfaitement documentées
Entre une et dix cigarettes par jour, souligne-t-on, le risque de malformations des doigts ou des orteils est multiplié par 1,3, entre 11 et 20 cigarettes par 1,4 et au-delà de 20 cigarettes par 1,8, comparativement à des femmes enceintes non fumeuses. En bref, le risque augmente avec le nombre de cigarettes, et il existe dès une ou deux cigarettes par jour. D’où l’objectif zéro cigarette pendant la grossesse est parfaitement justifié De plus les enfants de fumeuses naissent souvent prématurément, ou se présentent par le siège au moment de l'accouchement.
Une augmentation du risque de la survenue des perturbations dans le fonctionnement de l'appareil respiratoire ; elles sont marquées par la diminutions des fonctions respiratoires, d'une hyperactivité bronchique et de l'augmentation des maladies respiratoires dans l'enfance (bronchite, bronchiolite, pneumonie, otite moyenne...)

Accouchement Par le siège.
b) Maladies respiratoires :Les enfants nés de mère fumeuse ont une capacité vitale forcée diminuée, corrélée à la concentration en cotinine urinaire maternelle pendant la grossesse. L’exposition du fœtus au tabac augmenterait le risque pour l’enfant de souffrir de bronchites, bronchiolites ou pneumonies avant l’âge de deux ans. L’exposition passive du bébé au tabagisme parental augmente la sensibilisation aux pneumallergènes et l’hyper-réactivité bronchique, accentuant l’incidence et la gravité des manifestations asthmatiques.
Le tabagisme maternel favorise la survenue d’infections respiratoires et de l’asthme.Ainsi une étude sur 12740 enfants retrouvait que les infections respiratoires basses de 0 à 5 ans étaient corrélées avec le tabagisme de la mère pendant la grossesse alors qu’elles ne l’étaient pas avec le tabagisme passif d’origine paternel ou maternel. Li et al. dans une méta-analyse regroupant 13 études retrouve cette même corrélation entre infection respiratoire basse de 0 à 6 ans et tabagisme maternel au cours de la grossesse. L’incidence d’épisodes de respiration sifflante serait de 45 % pendant la 1ère année chez les enfants de mères fumeuses. Aux épreuves fonctionnelles respiratoires, les résistances expiratoires sont augmentées, la capacité vitale forcée est diminuée et cette diminution est corrélée à la concentration de cotinine urinaire pendant la grossesse.

Enfant Asthmatique.
c) Risque de cancer :La relation entre l’exposition in utero au tabac et la fréquence des cancers chez l’enfant a été investiguée : on décrit une augmentation du risque de
lymphomes, de leucémies aiguës, des
tumeurs de Wilms et des tumeurs cérébrales. Le risque de cancer augmenterait même si la mère fume moins de 10 cigarettes par jour, si le père est le seul à fumer et si la mère est uniquement exposée passivement à la fumée de tabac. Le tabagisme de la mère pendant la période qui précède de trois mois à un an la conception augmenterait le risque de cancer chez l’enfant, suggérant un effet mutagène du tabac sur les cellules germinales. D’autres études pourtant n’ont pas confirmé l’excès de cancer chez les enfants de mère fumeuse pendant la grossesse.
d) Développement cérébral :Il existe des sites de fixation de la nicotine au niveau du cerveau fœtal dès la douzième semaine de gestation. La nicotine de la mère pourrait donc via le placenta avoir un effet direct sur le cerveau fœtal à partir de cette période.
Plusieurs études ont mis en évidence une relation entre la consommation de tabac pendant la grossesse et le développement psychomoteur ou cognitif de l’enfant : l’étude de 17 000 enfants a mis en évidence une diminution significative des scores de lecture et de mathématiques à l’âge de 7, 11 et 16 ans, et un niveau professionnel et d’étude plus bas à l’âge de 23 ans dans le groupe de sujets exposés in utero au tabac; 1265 enfants suivis pendant 15 ans ont montré une augmentation significative des troubles du comportement persistant chez ceux dont les mères avaient fumé plus de 20 cigarettes par jour pendant la grossesse. Il est cependant difficile d’évaluer le risque spécifique lié à l’exposition du fœtus au tabac sur le développement cérébral de l’enfant. D’autres facteurs pouvant affecter ce développement coexistent souvent avec le tabagisme maternel : le statut socio-économique, le quotient intellectuel de la mère, la qualité de l’environnement, le sexe de l’enfant, le nombre de frères et sœurs, la période de gestation et la croissance fœtale, le type d’alimentation pendant la croissance de l’enfant, la présence d’autres fumeurs vivant sous le même toit… . Ainsi une étude portant sur le développement cérébral de 12 068 enfants n’a pas pu mettre en évidence l’importance particulière du tabagisme maternel par rapport à celle d’autres facteurs sociaux et environnementaux.
e) Autres effets du tabagisme maternel pendant la grossesse sur le devenir de l’enfant:
Le tabac augmente la pression artérielle systolique du nouveau-né (pendant 6 mois à 1 an).
A la naissance. A la naissance, les bébés 'tabac' peuvent avoir un syndrome de sevrage, qui dépend des quantités fumées : tremblements, pleurs inconsolables, troubles du sommeil. L'exposition au tabac in utero et après la naissance est l'un des facteurs en cause dans la mort subite du nourrisson. Comme celle aux 'joints', elle handicape le développement des fonctions respiratoires et ORL du bébé (asthme, bronchites, otites...).